Projet Inde

A Miya Bigha, petit village bordant la ville de Bodhgaya, dans l’Etat du Bihar au Nord de l’Inde, la plupart des enfants appartenant à la caste des Dhalits (appelés aussi « intouchables ») se rendaient irrégulièrement, voire pas du tout à l’école. Les parents, de par leur pauvreté, préféraient souvent les garder à la maison pour s’occuper des cadets de la famille, ainsi que pour effectuer diverses tâches ménagères. Ceux qui n’étaient pas assignés à ce genre de travail, erraient dans les rues, avec l’espoir de se faire quelques roupies, en revendant des bouteilles vides ou en charmant certains touristes.

 

De plus, les frais d’admission annuels scolaires, ainsi que tout le matériel scolaire représentaient pour eux une somme considérable. Vu les conditions d’enseignement, peu d’élèves pouvaient se contenter de l’apprentissage en classe. Nombreuses étaient les familles qui n’avaient pas la possibilité de payer des « répétiteurs » (enseignants donnant des cours de soutien) à leurs enfants après l’école. De ce fait, ceux-ci se retrouvaient donc souvent contraints d’interrompre leurs études relativement tôt, car ils n’obtenaient pas des notes suffisantes pour passer l’année.

 

La situation économique extrêmement précaires des familles, les discriminations subies par les Dhalits et le manque d’accès à une éducation de qualité ont été déterminant dans l’orientation des activités de Jivan’s Children.

Contexte

Jivan’s Children est une association qui s’est créée en 2011 par une jeune genevoise en étude en travail social qui a rencontré des enfants de Miya Bigha. Se rendant compte de leur besoin de soutien dans leurs devoirs scolaires, elle leur a permis de recevoir un soutien scolaire par des enseignants locaux en récoltant des fonds pour pouvoir les rémunérer. Pour ce faire, cette jeune femme, une de ses amies et sa mère se sont constituées en comité, créant ainsi Jivan’s Children. Parallelement, Jivan’s Children s’est aussi fait enregistrer en Inde en formant un colité indien. Les membres indiens ont avec le temps pris en charge tout le management de l’équipe des enseignants sur place. 

Partenaire local

Donner accès à des cours de soutien scolaires gratuits à des enfants n’ayant pas les moyens économiques de se payer des cours de soutien afin de leur donner la possibilité d’atteindre le niveau de connaissance nécessaire au suivi de leur scolarité

But

Jivan’s Children a commencé son activité avec une première école de soutien scolaire pour les enfants de Miya Bigha en engageant des enseignants locaux. Dans le but de faire valoir la dignité des familles Dhalits, de lutter contre les inégalités sociales et d’améliorer leurs conditions de vie, Jivan’s Children s’est engagée à leurs côtés. L’association sensibilisait les parents aux bienfaits que leurs enfants et eux-mêmes pouvaient tirer d’une éducation scolaire. L’association aidait financièrement dans la mesure du possible les familles pour les coûts scolaires. Jivan’s Children donnait l’accès gratuit à des cours de soutien donnés par des enseignants pour les enfants de 4 à 18 ans.

 

Puis en 2015, un collaborateur de Jivan’s Children habitant le village de Bhagwanpur (situé à 2 km de Bodhgaya) a demandé à l’association d’aider les enfants de son village, où la plupart des enfants sont issus de familles pauvres travaillant dans l’agriculture. Ne pouvant pas se permettre les frais pour des répétiteurs (cours de soutien), leurs enfants se retrouvaient souvent en échec. Ils faisaient face à différents risques tels que le travail des enfants, mariage d’enfants, incapacité à trouver du travail après leurs études, facteurs augmentant leur vulnérabilité.  Une deuxième école de soutien a été ouverte en 2016 et c’est à travers ce projet que notre association Human Project est venue en support.

Intervention de Human Project

Le soutien de Human Project à Jivan’s Children s’est fait en Inde et en Suisse et ce en deux temps.

 

Une responsable projet, travailleuse sociale, bénévole de Human Project s’est rendu en Inde une première fois pendant trois mois en 2016. Cette première visite sur place, lui a permis de découvrir l’association et ses activités, de s’imprégner du contexte et de la culture indienne. Elle a rencontré les intervenants locaux, pour comprendre les besoins de l’association et les rapporter au comité siégeant à Genève.

 

Durant l’année qui a suivi, le contact a été maintenu entre les deux associations par des rencontres régulières pour suivre l’évolution des activités et les difficultés rencontrées.

 

Après un an de suivi du projet à distance et de rencontres avec le comité basé en Suisse, la responsable projet de Human Project est retourné en Inde. Lors de cette 2ème visite en 2017, elle a fait un point de situation, évalué la qualité des activités, les besoins émergents, les difficultés rencontrées et a clarifié la comptabilité. Toutes ces observations et informations ont été partagées avec le comité de Jivan’s Children.

 

De retour en Suisse, le comité de Human Project a évalué comment il pouvait répondre à certains besoins de Jivan’s Children en termes de mise à disposition de compétences ainsi que de soutien financier.

 

La décision a donc été prise de soutenir Jivan’s Children dans sa phase de pérennisation de ses activités.

 

1.Rechercher des sponsors pour permettre aux élèves de poursuivre leurs études

 

En attendant que Jivan’s Children trouve une solution durable pour soutenir financièrement les élèves ayant terminé leur scolarité obligatoire, Human Project propose de mettre en lien des personnes de son réseau souhaitant sponsoriser des jeunes indiens dans leur études supérieures (écolage, matériel scolaire, frais d’inscription aux examens, transports, …) avec Jivan’s Children pendant 2 ans.

 

2.Développer une activité économique pour Jivan’s Children afin de rendre l’association indépendante des fonds suisses

 

Human Project accompagne Jivan’s Children dans l’écriture d’une demande de fonds pour un terrain agricole ainsi que pour le financement d’un poste d’une personne effectuant des recherches de fonds en Inde pendant 2 ans (pouvant à l’avenir s’autofinancer par les demandes de fonds effectuées sur place)

 

3.Soutenir Jivan’s Children dans son processus de reconnaissance officielle en Inde

 

Pour être reconnue en Inde, Jivan’s Children doit avoir effectué 3 ans d’activités antérieures, ce qui est le cas, et doit avoir dépensé un total de 10 LAKH de roupies indiennes (= 14’590.- CHFS) pour les enfants et leurs familles. Alors que la date butoir est le 31 mars 2018, il restait encore 1 LAKH (100’000 roupies = 1459.- CHFS) à récolter et à dépenser en janvier 2018. Human Project a donc ajouté dans la demande de fonds faite en commun, la demande d’argent pour une distribution de trousses de premier soin, des uniformes et la distribution de nourriture gratuite lors d’une fête à l’école bénéficiant à toutes les familles des élèves.

Action